FORTIS : ATTENTION AU K.O.
Par (DN) - Le 21/01/2010
Après le rachat de la partie du groupe FORTIS Belge et Luxembourgeois, le temps
est venu pour la Direction d’amorcer et de présenter son « plan industriel ».
Ce « plan » est dilué au fil de l’eau, et dans les différentes instances (CCE, CE,…) afin
de mieux cacher les suppressions de postes…bien sûr minimisées !
1/ Premier Round : Absorption de la succursale Fortis Bank France par BNP P SA
Cette société exerçait les activités CIB pour Fortis. Sur 146 salariés concernés au 1er
janvier 2010, 98 auraient obtenus un poste. Mais 48 seraient en stand by ( en séminaire,
en attente, en « recherche de pistes »), soit un tiers !
Nous avons pour notre part saisi l’Inspection du Travail car seul le CCE a été informé
et consulté, alors que tous ces salariés sont intégrés au CEPF.
2/ Deuxième round : des centres de compétences seraient installés à Bruxelles.
Pourquoi ? La direction trouve nécessaire la suppression de 2.000 salariés dans le
Retail Belge. Pour compenser (partiellement) ces suppressions d’emploi, elle déplace
des centres de compétences en Belgique. Ce sont donc 550 postes transférés vers
la Belgique :
240 postes, actuellement sous-traités, seraient internalisés,
110 postes venant d’autres pays seraient transférés.
200 postes dans 5 activités de la France vers la Belgique : Opérations
Capital Market, Fonction Finances, RH, Risques et Métier Trade Services.
Bien entendu, la Direction nous indique que si les salariés impactés sur Paris ne voudraient
pas suivre, on leur proposerait de nouveaux postes “grâce” aux départs naturels,
turn-over, formation…
3/ Troisième round : Absorption de Fortis Banque France dans BNP Paribas SA.
1.378 personnes de Fortis Banque France se répartissent actuellement dans 64 agences,
20 Business Centers et des services centraux à Puteaux.
Le « plan industriel » présenté par la Direction prévoit que :
24 agences Fortis converties en agences BNP P, 7 BNP P fermées,
34 agences Fortis fusionneraient avec des agences BNP Paribas existantes,
6 agences Fortis seraient transformées pour « d’autres usages »,
20 Business Centers disparaîtraient et 2 Centres d’Affaires crées,
4 baux seraient dénoncés pour l’immeuble de Puteaux.
L’aspect social est édifiant !
Sur ces 1378 salariés Fortis, seuls 603 postes seraient conservés pour « gérer les activités
issues de Fortis », et les 775 postes seraient supprimés (sic) « toujours grâce
aux départs naturels, turn-over et formation... »
La Direction affirme qu’il n’y aurait pas d’impact sur la rémunération pour les salariés
issus de FORTIS, SAUF pour 20% des cadres pour lesquels « une mise en cohérence
» avec les politiques salariales de BNP Paribas pourrait être recherchée : en clair,
ces salariés devraient consentir à une baisse de leur rémunération…
4/ Quatrième round : Fusion des activités de Leasing avec délocalisation sociale
et fiscale au Luxembourg.
Un plan industriel du Leasing est en cours chez BPLG. Il consisterait à abandonner ou
à réduire certaines activités et implantations à l’étranger, à mettre en commun des plateformes
et à standardiser les processus.
Ainsi, cela se traduirait par une réduction de 254 postes. Toujours le même discours :
départs naturels, turn-over, formation, etc.…
Cerise (fiscale) sur le gâteau :
L’activité Leasing serait chapeautée par une société holding, basée socialement et fiscalement
au Luxembourg.
Suppression d’emplois et dumping fiscal seraient donc l’alpha et l’oméga d’une
entreprise socialement responsable, aidée il y a peu par les contribuables !
5/ Autres secteurs :
Des postes seraient encore détruits notamment chez BPSS, BNP PAM… Par exemple,
un centre de compétence serait ainsi crée au Luxembourg délocalisant 200 emplois de
BPSS.
Face à toutes ces suppressions de poste (près de 2 000 selon nos calculs), il est
nécessaire que les salariés BNP Paribas et Fortis se mobilisent pour défendre
leur emploi.
Combien de salariés poussés vers la sortie par des moyens plus ou moins avouables ?
Combien de placardisations, déqualifications, mobilités contraintes, départs négociés,
licenciements avec motifs divers (objectifs non atteints, perte de confiance…) ?
Nos propositions :
Au lieu de multiplier des suppressions d’emploi et donc des réductions de coûts qui
arrangent les résultats financiers, il conviendrait d’utiliser cette opportunité en renforçant
à tout niveau le réseau, l’appui commercial, les pôles et fonctions…mis à mal par
des années de restructurations avec comme conséquences : souffrances au travail et
mécontentements de la clientèle.
La mise en place des retraites progressives comme la loi le prévoit ou temps
partiel abondé pour les salariés volontaires à partir de 57 ans (avec cotisations
à temps plein prise en charge par BNP P) permettrait aux salariés de transmettre
leurs compétences et terminer leur carrière dignement.
BNP Paribas, comme les reste de la finance, n’a tiré aucune leçon de la crise financière
(toujours d’actualité) et les mêmes errements conduiront à de nouvelles manifestations
de celle-ci.
Il y a urgence à réorienter l’activité de la Banque vers des financements
créateurs d’emploi et favorisant la recherche et la formation.
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