RACONTER DES HISTOIRES OU RÉTABLIR L’ÉGALITÉ SALARIALE
Par (DN) - Le 15/02/2010
Le 9 février la Direction a présenté aux organisations syndicales son bilan
d’application de l’accord Egalité Professionnelle au 31/12/2009.Rappelons que la loi
impose aux entreprises de rétablir l’égalité salariale entre les hommes et les femmes
au plus tard le 31 décembre ou de justifier les écarts constatés.
Dans ce cadre un accord a été signé entre BNPP SA et 4 organisations syndicales.
La CGT, pour sa part, avait été force de proposition mais avait refusé de le
signer, estimant les mesures ainsi entérinées insuffisantes et invérifiables dans leurs
applications.
Où en sommes-nous ?
Classifications
Au 31/12/2009, les femmes représentaient :
56.9 % des salariés de BNP Paribas SA (24.391sur 42870)
69,3 % des Techniciens, (15146 sur 21871)
44 % des Cadres ( 9245 sur 20299).
Sur les 18 479 hommes, il y avait 11754 Cadres soit 63,6 %.
Sur les 24 391 femmes, il y avait 9245 Cadres soit 37,6 %.
Rémunérations fixes par niveaux de classification
Une technicienne gagne en moyenne mensuelle 109 euros de moins qu’un technicien.
Une femme cadre gagne en moyenne mensuelle 512 euros de moins qu’un
homme, cet écart s’étageant de 56 euros pour les niveaux H à 950 euros pour les HC.
Les actions de correction prévues par l’accord
Nous citons l’accord dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur echonet :
« Cette méthodologie, qui devra être mise oeuvre dans toute l’entreprise,
consiste à comparer, par métier repère de la convention collective, niveau de classification
et tranche d’ancienneté, la rémunération de base des femmes par rapport à
la médiane de rémunération des hommes. Dès lors que cette comparaison fera apparaître
un écart supérieur à 5 % de la médiane de rémunération des hommes au
sein de l’entreprise, les gestionnaires individuels de carrière en seront informés et
devront examiner les dossiers avec une attention toute particulière… »
En 2008, 5400 dossiers ont été examinés donnant lieu à 830 révisions de situations.
En 2009, 5119 dossiers ont été examinés donnant lieu à 1010 révisions de situations.
Ainsi dans plus de 80% des cas, selon la Direction, il n’y aurait pas d’écart salarial
à corriger !
Et tout cela dans l’opacité la plus totale car les représentants du personnel
n’ont accès à aucune des données figurant dans l’extrait que nous citons !
Nous avons mis au défi la Direction de nous prouver que ces 8000 dossiers
« retoqués » ne recouvraient pas d’écarts salariaux injustifiés.
Nous lui avons demandé de nous prouver que les 1840 révisions effectuées
suffisaient à résorber les écarts injustifiés qu’elle reconnaissait pour ces dossiers.
Nous n’avons eu aucun début de réponse, et pour cause !
Nous n’avons même pas pu savoir combien il y avait eu de promotions et
d’augmentations individuelles parmi ces 1840 mesures.
Tout juste avons-nous su que le budget annuel de 1 million d’euros (charges comprises) consacré à ces mesures et qui avait fait l’objet d’accords, avait été doublé !
Nous avions pour notre part dit et redit lors de la négociation salariale 2010,
que ce million méritait d’être multiplié par beaucoup plus, pour produire des effets
souhaitables. Ainsi, pour essayer de rendre présentable son bilan, la Direction doitelle
faire plus que le contenu de l’accord que certains se glorifient d’avoir signé…..
En fait, à l’heure où il faudra rendre des comptes en matière d’application de
la loi, c’est-à-dire en 2011, la Direction voudra présenter les écarts apparaissant
dans le bilan social et dans le rapport Egalité Hommes Femmes comme justifiés et
le tour serait joué !
D’autant qu’elle multiplie les initiatives de communication pour faire croire
qu’elle est en train de résoudre les problèmes. Le « story-telling » ne peut duper les
Femmes de BNP Paribas.
Les faits sont têtus.
Les femmes de BNP Paribas subissent une triple discrimination :
Certaines fonctions leur sont inaccessibles ou difficiles d’accès.
A fonctions égales, elles sont moins bien classifiées.
A niveau de classification égale, elles sont moins bien rémunérées.
Ce n’est d’ailleurs pas forcement que les dirigeants soient enclin à ces discriminations,
d’ailleurs il y a quelques dirigeantes. Mais, tout simplement, rétablir l’égalité
nécessite d’y mettre les moyens et ces Messieurs (surtout) Dames (parfois) préfèreraient
se l’éviter.
Il faudra donc, qu’avec l’implication de leurs collègues masculins, les femmes
de BNP Paribas amplifient leurs actions en s’appuyant sur les avancées législatives
intervenues pour faire reconnaître leurs droits.
Vous pouvez compter sur la CGT pour y travailler !
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